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Commentaire des lectures du 25 octobre 2020

 Voici le commentaire de Joseph PROUX pour l'évangile de ce 30e dimanche du temps ordinaire ( année A).

Ce dimanche, je ne pourrai pas être présent à l’Eucharistie, dit un jour un membre de la Conférence Saint-Vincent-de-Paul, car je dois servir le repas des sans-domicile-fixe. J’espère que Dieu ne m’en voudra pas !” Cet homme, au service des pauvres, ressent une sorte de regret, peut-être de malaise, de ne pouvoir participer à la célébration dominicale… Faut-il opposer service de Dieu et service de l’homme ?

Aimer selon la Loi

Quel est le grand commandement ?” La question du docteur de la Loi est sans doute l’écho des débats rabbiniques de l’époque pour savoir lequel des six cent treize préceptes de la Loi prenait le pas sur tous les autres et les résumait en quelque sorte. Interrogation toute théorique, car la Loi répondait elle-même: “Écoute Israël, ton Dieu est l’unique. Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de tout ton esprit et de toute ta force !” (Deutéronome et 6,4). La question piège visait plutôt l’enseignement et l’action de Jésus. Ses adversaires le voyaient accomplir des œuvres de miséricorde. Ils le soupçonnaient d’en faire trop pour l’homme au détriment de la Loi de Dieu.

Aimer au-delà de la Loi

Jésus, respectueux de la Loi, est venu “non pas l’abolir, mais l’accomplir” (Matthieu 5, 17). D’une part, il est venu mettre lui-même en pratique le Décalogue ; d’autre part, il en propose la forme d’accomplissement la plus parfaite: en esprit en en vérité ! L’Évangile n’invite pas le disciple du Christ à une attitude légaliste entre le permis et le défendu, pour une pratique minimaliste et sécurisante. Quand on agit par amour et avec amour, on n’est jamais au bout du compte. Aimer pousse à se dépasser sans cesse, bien loin des calculs légalistes. “Aime et fais ce que tu veux !”, écrivait malicieusement saint Augustin. Loin d’encourager le libertinage, ce grand docteur de l’Église voulait exprimer que celui qui aime n’agit pas sous la contrainte d’une loi. Dans cette liberté-là, le champ du don de soi est ouvert sur l’infini.

Aimer en vérité

Puisque Dieu s’est fait homme en Jésus-Christ, le plus court chemin pour “faire du bien à Dieu” est d’en faire à ses frères en humanité. “Tout ce que vous avez fait au plus petit des miens, c’est à moi que vous l’avez fait” (Matthieu 25, 40). Aimer notre prochain garantit de l’illusion notre amour de Dieu. Chercher à aimer Dieu comme il nous aime authentifie nos comportements de charité. Alors vraiment “celui qui aime son prochain a pleinement accompli la loi” (Romains 13, 8).

1e lecture : Ex 22, 20-26

Depuis le temps de Moïse, Dieu a formé son peuple à l’attention, au respect et à l’amour du prochain.

Saint Paul disait de la Loi de l’Ancien Testament qu’elle était un guide, devant mener jusqu’au Christ (Galates 3,24-25). Les correspondances entre la première lecture et l’évangile de ce dimanche en sont une illustration évidente, car dans cet extrait du livre de l’Exode nous découvrons comment la Loi ancienne annonçait déjà les enseignements du Christ ; elle agissait comme une formation progressive du comportement et des sentiments. Il y est question de l’éducation à l’amour du prochain, de l’attention aux plus faibles et aux plus exposés, dont les immigrés et les “familles monoparentales”, comme on dirait de nos jours. Le modèle proposé, c’est Dieu lui-même, avec cette parole inouïe, qui inspirera à Jésus la parabole du pauvre Lazare (Luc 16,25) : si un pauvre ne trouve plus aucune aide auprès des hommes, Dieu l’écoutera, car il est compatissant. On y trouve aussi ce principe de base, dont Jésus a retourné positivement la formulation, en disant : “tout ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le vous-mêmes pour eux” (Matthieu 7,12).

2e lecture : 1Th 1, 5-10

En saluant les destinataires de sa lettre, l’apôtre décrit en quelques mots la conversion chrétienne.

Cet extrait fait encore partie de l’introduction de la lettre, cela explique que Paul s’attarde si longuement à faire l’éloge des destinataires. Mais cet éloge évoque quelques conséquences de la foi chrétienne pour l’existence et pour le comportement : la foi suppose l’accueil de la Parole de Dieu transmise par les apôtres, elle conduit à la conversion totale à Dieu, elle suscite l’espérance qui donne sens à la vie, elle conduit à imiter le Christ.

Evangile : Mt 22, 34-40

Dans l’éparpillement de nos activités, Jésus nous oriente vers l’unité et révèle la source de cette unité.

Quel est le grand commandement ? La question est piégée, car en reconnaissant un commandement plus grand que les autres, on relativise ceux-ci, chose que les pharisiens n’appréciaient pas, eux qui avaient établi des catalogues minutieux et fait le décompte de tous les commandements importants. Jésus saisit l’occasion pour initier ses auditeurs, et nous en sommes, à une autre manière de considérer la Loi.

Celle-ci ne peut être réduite à une accumulation de règlements. Au contraire, elle est relation à une personne, qui est Dieu lui-même. C’est dans cette relation que se réalise l’unité, car Jésus réunit les deux parties de la loi, les commandements concernant l’amour de Dieu et ceux concernant l’amour du prochain, et il les fusionne. Depuis lors, l’Esprit de Dieu nous maintient dans cette unité. Il nous fait reconnaître le visage de Dieu en notre prochain et nous conduit à aimer Dieu en lui. 

 

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