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DAVANTAGE

La parabole des Talents de ce dimanche nous rappelle que nous avons toujours à faire fructifier notre vie et que nous aurons des comptes à rendre.

A rendre au Maître qu’est le Seigneur qui nous a créés et dotés.

Nous ne pouvons par prendre prétexte de temps exceptionnels pour nous affranchir de toutes obligations.

Ici, dans cet Évangile, chacun a reçu selon ce qu’il est : 5, 2, 1 talents.

A la fin, on sait ce que chacun a fait produire ou pas produire…

Le dernier serviteur a eu peur de son maitre.

« Seigneur, je te connais et j’ai eu peur ».

Peur de Dieu !! ??

C’est donc qu’il le connaît mal.

C’est la crainte de Dieu, au mauvais sens du terme.

« Qu’est-ce que j’ai fait au bon Dieu » : c’est toujours prêt à surgir sur nos lèvres !

On imagine un Dieu juge, méticuleux, si exigeant qu’on cherche surtout à ne pas avoir d’histoire avec lui.

Le mieux, pense le « mauvais » serviteur, c’est d’en faire le moins possible, de prendre toutes les précautions pour éviter les ennuis.

Cette mauvaise peur paralyse. On se cantonne aux choses sûres, au minimum.

Qu’est ce qui est obligatoire ?

Or les dons que nous obtient la foi nous incitent à vivre au maximum.

Nous avons l’Evangile pour nous éclairer, nous guider, imprégner nos pensées, nos actes, savoir ce qui plaît à Dieu.

Et tout cela reste parfois inertes, comme un trésor enfoui.

On n’ose pas risquer.

On a peur de prendre des initiatives, des engagements.

Sortir de soi, de ses habitudes : « Saurons-nous faire ? Aurons-nous le temps, la force ?? »

La prudence n’est plus alors que de la peur, et notre vie chrétienne ne dit plus rien du Christ.

Les saints connus et reconnus, mais aussi les témoins de la foi plus proches de nous ont dépassé leur peur.

Ils se sont sentis aimés et donc ont agi avec confiance.

Certes, ils ont eu peur mais surtout de ne pas en faire assez.

A ceux qui demandaient à St Vincent de Paul : « Mais que pouvez-vous faire de plus ? » il répondait : « Davantage ».

« Davantage » : c’est ce que le maître attendait du serviteur peureux et non le minimum.

Une vie nous est donnée, pas deux. Pour réellement mettre en œuvre l’Évangile, pour montrer que Dieu aime et nous aime.

En ce temps de reconfinement, nous ne devons pas mettre entre parenthèse, ou à l’arrêt ce qui exprime notre foi.

Parce que nous n’avons plus nos rassemblements habituels, nos rites communs, nos activités familières, nos eucharisties ressemblantes.

Plus que jamais nous sommes appelés

-à rendre nos vies eucharistiques, par des offrandes, des actions de grâce, des merci.

-à intensifier et concrétiser notre prière (même seul) en portant des noms, des visages, des situations.

-à manifester la réalité de notre communauté comme un corps vivant dont nous sommes membres agissants, à l’instar du Corps du Christ en qui la messe nous transfigure.

-à témoigner de la fraternité à l’exemple du Christ qui nous rend frères.

-à offrir le monde dans sa situation d’aujourd’hui comme nous le présentons dans le pain et le vin à chaque offertoire.

-à laisser résonner la Parole de Dieu en nous, c’est-à-dire précisément ce que Dieu veut nous dire à chacun et à tous , en ce moment, même si nous ne sommes pas ensemble pour l’entendre.

Etc…

A nous d’être inventifs…

A son retour, le Maitre viendra réclamer ce qu’il nous aura confié.

Au bout de notre vie, Dieu reprendra ce qui a pu jaillir de création et d’amour dans cette part d’existence qu’il nous a confiée.

 

La seule peur qui doit nous habiter c’est de ne pas en faire suffisamment.

Davantage.

 

 

P. Dominique SENTUCQ

 

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