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Commentaire des lectures du 18 octobre

Voici un commentaire de l'évangile de Matthieu, chapitre 22, versets 15 à 21 par Joseph Proux.

L’impôt prélevé par les États a toujours suscité des débats passionnés. “Trop d’impôts ! Impôts injustes ou mal répartis ! Fraude fiscale !”, ces propos alimentent les conversations et sont l’enjeu de luttes politiques. C’est précisément sur le terrain délicat de “l’impôt à l’empereur” que les Pharisiens et les partisans d’Hérode vont tendre à Jésus un piège dont ils pensent qu’il ne se sortira pas.

César n’est pas Dieu

Ce piège que ses adversaires croyaient imparable, Jésus le déjoue avec une autorité et une vérité étonnantes. “Hypocrites !”, leur lance-t-il, nullement dupe de leur duplicité. Ils paient tous l’impôt. D’ailleurs, assez piteusement, ils sortent une monnaie romaine de leur poche ! On sait que cette pièce comportait l’inscription “Tibère divin César”. Les Césars romains se paraient du titre de “dieux”. La réponse de Jésus porte bien au-delà d’une échappatoire. “Rendez à César ce qui lui appartient, mais pas le culte qui revient à Dieu seul !” On avait posé à Jésus une question piège sur l’impôt. Il se place sur un tout autre registre: il désacralise le pouvoir temporel tout en reconnaissant sa légitimité dans son domaine.

Vous êtes au Christ, et le Christ est à Dieu !”

Jésus proclame le liberté de l’Évangile et les droits de Dieu par dessus tout. L’Église, peut être tentée – ou contrainte – de choisir et de favoriser un système politique contre un autre, parce qu’il lui paraît plus favorable. Elle court le grand risque de s’inféoder en prenant parti. Cette situation peut se retourner contre elle, cela s’est vu au cours de l’histoire. L’Évangile ne contient pas de schéma “labélisé” de société, et aucun forme de société ne peut se permettre de l’annexer. Il doit rester une force libre capable de contestation ou de protestation lorsque les droits de Dieu et ceux de l’homme ne sont pas respectés. La  collusion du religieux et du politique aboutit fatalement à la sacralisation de la guerre, du terrorisme, de la justice et du pouvoir, dans une “religion d’État” ou un “État religieux”. En ce sens, une laïcité bien comprise est garante d’une autonomie des pouvoirs et de la liberté religieuse. Et si nous détenons une parcelle de pouvoir, ne nous prenons pas pour Dieu ! Ne prenons personne pour Dieu ! N’abusons pas de notre autorité, qu’elle soit politique, sociale, économique ou ecclésiale ! Nous aurons des comptes à rendre à Celui qui nous avertit : “Je suis le Seigneur et il n’y en a pas d’autre en-dehors de moi !”

1e lecture : Is 45,1-6

L’Esprit de Dieu travaille au coeur des hommes” (prière eucharistique réconciliation 2). L’histoire du roi païen Cyrus en est un exemple.

Entre l’époque de Moïse et celle de Jésus, l’histoire du Proche-Orient et duMoyen-Orient est faite de conquêtes, de batailles, de sièges, de déportations, d’exils, de revanches (hélas, ce n’est pas fini !). Un roi en chasse un autre, jusqu’à ce que viennent les Romains. Ensuite viendront les Barbares, puis la conquête arabe, etc. Le roi Cyrus (550 av. J.-C.), véritable fondateur de l’empire perse, fut un de ces conquérants insatiables et, de plus, victorieux. Mais, ce qui ne gâche rien, loin de là, il fut un monarque intelligent et bienveillant. Israël lui doit le retour d’exil et la reconstruction du temple (Esdras 1). Lesmessages d’Isaïe lui donnent les titres de pasteur (44,28) et de Oint de Dieu (traduit par “consacré” au début de cette lecture). Cyrus fut un de ces nombreux païens qui, au cours du temps, ont été artisans de paix et porteurs de salut, et donc, de ce fait, des collaborateurs de Dieu.

2e lecture : 1 Th 1,1-5

Quand l’apôtre Paul écrivait aux communautés qu’il avait fondées, il les saluait d’abord en admirant l’oeuvre de Dieu en elles.

Même si sa renommée a dépassé celle des autres apôtres, à cause de ses lettres, Paul n’agissait pas seul, le début de cette épître en témoigne. Il était venu à Thessalonique (l’actuelle Salonique, en Grèce) avec Silas, et peut-être avec Timothée, vers la fin de l’année 50 (Actes 17,1-15). Le premier enseignement assuré par ces prédicateurs n’avait sans doute pas suffi, car Paul le poursuit par le moyen de lettres, comme il s’en explique dans celle dont nous commençons la lecture ce dimanche  et qui est le plus ancien écrit du Nouveau Testament. En effet, cette épître semble avoir été écrite juste un an après le séjour de Paul à Thessalonique, donc en 51. Selon l’usage, Paul salue d’abord ses destinataires et fait leur éloge.

Evangile : Mt 22, 15-21

Même les pharisiens ont avoué que Jésus enseignait le vrai chemin de Dieu. Cet enseignement prend en compte tous les aspects de l’existence.

L’empire romain savait y faire pour récupérer les impôts. Même les plus irréductibles, les pharisiens, s’y soumettaient, puisque selon l’évangile ils avaient déjà en main la pièce à l’effigie de César, seule admise pour payer cette taxe. Jésus se tire d’affaire par une formule bien envoyée. Mais les enseignements sur l’attitude envers les autorités terrestres se trouvent ailleurs, par exemple dans les épîtres (Romains 13 ; 1 Timothée 2,1-2 ; etc.). S’il faut rendre les pièces à César, que faut-il rendre à Dieu? Ce qui est à son effigie, à savoir l’humanité, créée à l’image de Dieu. En célébrant l’eucharistie, guidés par son Fils, qui est son image (Colossiens 1,15), nous rendons à Dieu ce qui est à Dieu, nous revenons à lui, et lui-même nous donne en échange infiniment plus qu’une pièce de monnaie : son corps et son sang.

 

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