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Commentaire des lectures du 6 septembre

23è dimanche du temps ordinaire

Suis-je le gardien de mon frère ?” (Genèse 4, 10) Existe-t-il un “devoir d’assistance fraternelle” ? L’enseignement de Jésus sur “l’avertissement fraternel” nous éclaire et nous responsabilise.

Être un guetteurSi on ne se porte pas au secours de son semblable en péril, on peut être poursuivi légalement pour “non-assistance à personne en danger”.
“Je fais de toi un guetteur pour la maison d’Israël”, dit le Seigneur au prophète Ezéchiel. Dieu le tient pour responsable du salut de ses compatriotes exilés. “Guetteur”, le mot est beau et fort à condition d’être entendu correctement. Pas au sens de surveiller ou d’épier les faits et gestes, mais de se tenir aux aguets vers l’extérieur d’où vient le danger, comme la sentinelle qui protège le camp de toute incursion.
Chacun de nous ne doit-il pas être un
“guetteur” auprès de ses frères en danger matériel ou moral. L’indifférence et l’individualisme ambiants laissent les plus faibles livrés aux pièges des “prédateurs”. Nous devons être leurs défenseurs courageux.

Gagner son frère“Si ton frère a commis un péché, va lui parler seul à seul et montre-lui sa faute.” L’Évangile ne nous permet pas de nous désintéresser de la santé spirituelle d’un frère ou d’une sœur. L’enjeu est de “gagner un frère”, c’est-à-dire de lui éviter de se perdre.Mais en venant à son aide, je dois-me rappeler qu’il existe entre lui et moi une “communion des pécheurs”. Le péché dont je veux “lui parler” me renvoie à ma propre misère.
Ce n’est pas un saint qui vole au secours d’un pécheur, mais un pécheur – plus grand encore peut-être, qui sait ? – qui prend un autre par la main.
Ce qu’on appelle parfois la
“correction fraternelle” évangélique est un art difficile. “Méfiez-vous des contrefaçons !”
Cette intervention ne consiste pas à “enlever la paille de l’oeil” d’autrui, ni à régler ses comptes. Cette démarche, courageuse parce qu’elle implique profondément, suppose beaucoup d’amour de l’autre. Sans humilité et sans patience, elle sera vouée à l’échec, ou elle produira l’effet inverse : “perdre un frère”.
Si la démarche n’aboutit pas, faut-il pour autant “excommunier” le coupable? C’est ainsi que l’on a parfois compris à tort l’expression “qu’il soit comme un publicain ou un pécheur !” On entame plutôt alors une nouvelle étape d’attention, d’amour et “d’évangélisation” au profit de celui qui en a encore plus besoin. Et il reste la prière, communion salvatrice, puissant levier pour “gagner son frère” !

1re lecture : Ez 33,7-9

Les prophètes, et à leur suite les pasteurs des Églises, ont été établis par Dieu comme guetteurs, chargés de découvrir les signes des temps, pour avertir, guider et parfois mettre en garde leurs frères.

Pour la protection des zones sensibles, notre société a réinventé ou réintroduit des guetteurs. Ainsi, par exemple, chaque été, dans les régions menacées par les feux de forêt, des guetteurs veillent sans relâche, pour détecter le moindre départ de feu et avertir aussitôt les équipes de pompiers. Le prophète exerce un métier du même genre. Il est chargé de surveiller la maison d’Israël et de l’avertir, pour lui éviter le désastre.
Dans la mission décrite ici, il s’agit surtout de mises en garde pour redresser les pécheurs. Mais les prophètes d’aujourd’hui sont aussi chargés de lires les signes des temps de façon positive, comme le demandait le concile Vatican II (Gaudium et spes, 4 et 11), dont les propos ont été repris dans la prière eucharistique pour des circonstances particulières, intercession III.

2e lecture : Rm 13, 8-10

Comment vivre en paix avec ses frères et comment s’y retrouver dans la masse des commandements, des lois et des préceptes ? L’apôtre nous livre le principe unificateur : l’amour venu de Dieu.

Dans son exposé sur la réponse des chrétiens aux offres de Dieu, Paul traite successivement des bonnes relations à l’intérieur et à l’extérieur des communautés chrétiennes (chapitres 12 et 13). Il conclut en montrant comment toutes ses recommandations sont résumées par le commandement de l’amour du prochain, qui est le condensé de toute la Loi. Nous entendrons le même enseignement de la bouche de Jésus le 30e dimanche de cette année.

Evangile : Mt 18, 15-20

Jésus forme son peuple à partir de la multitude des familles et des communautés ; il les appelle toutes à vivre dans la justice, la paix et la concorde.

Dans l’évangile selon saint Matthieu, le chapitre 18 réunit les enseignements de Jésus concernant les relations entre frères dans nos communautés. Dans l’extrait proposé pour ce dimanche il s’agit successivement de l’attitude à adopter devant les égarements d’autrui et de la prière commune.- Sur le premier point Jésus donne des orientations très précises en demandant à ses disciples, dont nous sommes, de se comporter en guetteurs (voir 1re lecture) et en prévoyant une gradation dans l’avertissement, par recours successif à d’autres frères et, en dernier lieu, à la communauté. Cette tradition semble s’être perdue. Se serait-elle maintenue uniquement dans des communautés religieuses ? Pourtant, elle permettrait de renouveler la pastorale de la réconciliation et la recherche communautaire d’une plus grande fidélité à l’Évangile.- Sur le second sujet, la prière des communautés, Jésus nous rassure : il nous apprend qu’il s’investit autant dans les petits groupes, comme pour les deux disciples à Emmaüs (évangile du 3e dimanche de Pâques), que dans les grands rassemblements, comme sur la montagne, quand il a rompu le pain pour la foule (évangile du 18e A). Il nous assure de sa présence même là où nous ne sommes que deux ou trois.

 

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