Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Commentaire des lectures du 13 septembre

L’évangile que nous lisons aujourd’hui est un incontournable appel au pardon.

Mais pourquoi pardonner ? Comment pardonner ? Où trouver la force de le faire ? Telles sont les questions qui se posent à nous tous constamment et parfois d’une façon dramatique dans nos vies.

Comme Dieu pardonne

Il ne fait pas de doute que Jésus dessine le visage de Dieu sous les traits de ce “roi” de la parabole qui remet une dette énorme (soixante millions de pièces d’argent !) à l’un de ses serviteurs venu l’en supplier. “Pris de pitié”, littéralement “pris aux entrailles”, le “maître” lui offre l’annulation pure et simple de sa dette. Il ressort de cette histoire qui dépasse le raisonnable que nous sommes tous débiteurs insolvables envers Dieu qui cependant nous fait grâce.
Nous avons tout reçu de lui… En plus de cela, nous sommes grevés du lourd passif de nos péchés… Que pourrions-nous faire pour être quittes? A notre supplication, le Seigneur nous libère au nom de l’amour qu’il nous porte ; il “pardonne”, dans un don sans limites au-delà de nos offenses.

Pardonne à ton frère

Notre dette à égard du Seigneur ne saurait être remise que si nous avons de l’indulgence envers nos “compagnons” de vie… Nous sommes choqués à juste titre par le comportement impitoyable de l’homme de la parabole. Mais ne nous arrive-t-il pas de nous comporter en procureurs insensibles ? La conscience de nos propres faiblesses et du pardon reçu de Dieu devrait au contraire nous inciter à faire preuve de “pitié” envers autrui.
Ben Sirac le Sage l’écrivait environ deux siècles avant la prédication de l’Évangile : “Pardonne à ton prochain le tort qu’il t’a fait ; alors, à ta prière, tes péchés seront remis ! Si un homme nourrit de la colère contre un autre homme, comment peut-il alors demander à Dieu la guérison?”
Prions-nous avec assez de vérité le “Notre Père” ? Seul celui qui a accueilli en soi le pardon de Dieu avec humilité et joie peut devenir “fils et fille de miséricorde” et pardonner à son tour “du fond du cœur”.

Pardonne sans limite

Pierre pensait être très généreux en proposant de pardonner “jusqu’à sept fois” ! Les rabbins de son époque allaient jusqu’à trois fois. Jésus bouscule cette arithmétique: “Soixante dix fois sept fois”, demande-t-il. Ce nombre, qui multiplie le chiffre parfait de la Bible, n’est pas une somme limite, mais l’indication d’une attitude sans limite, permanente. Le vrai pardon ne se compte pas…
On n’a jamais fini de pardonner et… d’être pardonné !

1ere lecture : Si 27,30…28,7

Les conflits interminables et les règlements de compte montrent combien le pardon est difficile. Il est pourtant la seule solution d’avenir.

L’engrenage infernal du crime et de la vengeance est dénoncé dès les premières pages de la Bible, dans le récit de Caïn (Genèse 4) ; et dans toutes les civilisations, les antiques légendes racontent les malheurs provoqués par le cycle des représailles. Mais les législations bibliques ont progressivement canalisé ces flots de haine. D’abord par des principes encore cruellement sanglants, comme la loi du talion, qui devait contenir la vengeance en la limitant à des représailles équivalentes au tort subi. Cependant, les prophètes et les sages ont conduit le peuple vers un comportement moins brutal, en prêchant le pardon. Les conseils du sage proposés dans cette lecture invitent à se référer à Dieu et à son alliance.
Jésus développera cet enseignement dans la parabole proposée ce dimanche.

2e lecture : Romains 14,7-9

Pour nous, chrétiens, membres du Corps du Christ, notre vie est communion totale au Christ, en toute situation.

Notre civilisation de consommation fait du “moi” individuel le centre du monde. Chacun est un client potentiel de quantité de marchands qui tentent de lui suggérer de nouveaux besoins pour ensuite lui offrir de les satisfaire, car le client est roi ! C’est tout le contraire de l’enseignement biblique, dont l’apôtre tire ici les conclusions, quant à la relation des chrétiens avec leur Seigneur : c’est lui le centre de tout. Il s’agit des conséquences du baptême : puisque nous avons été incorporés au Christ, nous ne sommes plus des individus égarés et isolés, Jésus nous a ouvert des horizons infinis, car tous ensemble, chrétiens, nous formons un seul corps dont Jésus est la tête. Toute notre existence est transformée par cette appartenance. La prière eucharistique IV évoque cet enseignement sur la vie pour le Christ.

Evangile : Mt 18,21-35

En toute situation, Dieu est pour nous la référence et le modèle. C’est surtout le cas pour cet acte si difficile, le pardon.

Le langage des paraboles est toujours excessif dans l’un ou l’autre détail du récit. Mais c’est pour mettre tout le poids sur la leçon enseignée.
– Dans l’enseignement sur le pardon, l’excès apparaît d’abord dans le nombre de pardons à accorder par jour : 70 x 7, soit 490 fois. Il faut vraiment être entouré d’une foule de gens malveillants pour pouvoir atteindre ce nombre !
– Le second chiffre excessif, c’est la dette du premier serviteur. Cette énormité vise à faire saisir à quel point l’humanité est endettée devant Dieu, mais surtout jusqu’à quel point Dieu lui a fait miséricorde.

La sévérité des propos de Jésus indique combien le pardon est important pour le bonheur de chacun et pour l’avenir de nos sociétés, et d’abord à l’intérieur des communautés chrétiennes.

 

Retour à l'accueil

Partager cet article

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

À propos

Paroisse St-Jean-Baptiste d'Arcangues


Voir le profil de Paroisse St-Jean-Baptiste d'Arcangues sur le portail Overblog

Commenter cet article