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Commentaire des lectures du 9 août 2020

19è dimanche du temps ordinaire

L’expérience des disciples et de Pierre est encore la nôtre aujourd’hui : croire ne sera jamais facile !

Pour beaucoup d’entre nous actuellement en vacances au bord de la mer ou d’un lac, la lecture de cet évangile est certainement évocatrice, surtout s’ils pratiquent la navigation… On peut aussi se demander comment les marins, familiers des dangers de la mer, ressentent ce fait évangélique ! Les derniers mots donnent la “clé” de cette “marche sur la mer” : “Vraiment, tu es le Fils de Dieu !” Il s’agit donc d’un signe pour la foi.

Victoire du Christ Sauveur

Pour le peuple de la Bible, les abîmes marins étaient censés receler des forces maléfiques, menaçantes lorsque les flots se soulevaient. On comprend la frayeur des disciples, aggravée par la fragilité des embarcations de l’époque…
Cet épisode révèle Jésus Sauveur, vainqueur des forces du mal et de la mort par sa résurrection.
La venue de Jésus “à la fin de la nuit” évoque en effet sa sortie du tombeau. Sa présence bouleverse les disciples comme lors de l’apparition aux Douze après la résurrection, quand “ils pensaient voir un esprit” (Luc 24, 37). Il les rassure avec les mêmes mots : “C’est moi !”, ou “Je Suis !”, nom divin révélé à Moïse…
Pierre, s’adressant à Jésus, l’appelle par deux fois “Seigneur”, le nom divin donné à Jésus ressuscité par la primitive Église.
Finalement, cet épisode évangélique n’est pas si différent, dans son propos, de la Transfiguration.

Destin de l’Église

On a souvent comparé l’Église à un navire qui traverse l’océan des siècles au milieu d’incessantes tempêtes, pour amener l’humanité au “port” de la Vie…
Depuis les premières persécutions – au moment où Matthieu écrivait ces lignes – l’Église n’a jamais été au calme ! Les disciples ont toujours eu à ramer contre des vents contraires. Au cours de l’histoire, l’Église a aussi été confrontée à ses propres faiblesses et divisions.
Nous sommes témoins des luttes actuelles de l’Église et des défis nouveaux qu’elle doit relever… A l’aube du troisième millénaire, gardons fermement l’assurance de notre foi et de la promesse du Christ ! Le temps de l’Église est le temps de l’Esprit Défenseur “embarqué” à nos côtés. Le Christ ne “dort” pas, il accompagne son Église. Ne cessons pas de “ramer” : inventons aujourd’hui de nouvelles façons de témoigner et de faire “naviguer” l’Église.
Jésus a tendu la main à Pierre qui doutait et s’enfonçait. Il l’a fait monter dans la barque avec lui. Nous aussi, hommes “de petite foi” avec nos enthousiasmes et nos peurs, prenons la main que Jésus nous tend! Tendons la nôtre à nos frères !

Joseph Proux

1e lecture : 1 R 19,9-13

Que pouvons-nous percevoir et saisir de la présence agissante de Dieu? L’expérience vécue par le prophète Élie nous éclaire.

Comment connaître un Dieu qui ne se montre pas, si ce n’est par ses actions ? Jusque là, les patriarches et le peuple d’Israël, conduit par Moïse, avaient découvert Dieu dans des actions éclatantes, comme la sortie d’Égypte et le don de la Loi sur le Sinaï, dans l’ouragan, le tremblement de terre et le feu. À présent, le prophète Élie, qui était en fuite, poursuivi par la vengeance de la reine Jézabel, découvre que Dieu se manifeste aussi dans la douceur et qu’il sait réconforter son prophète dans l’épreuve.

2e lecture : Rm 9, 1-5

Que faire lorsqu’un appel à la conversion reste sans effet ? L’apôtre Paul exprime tristesse et espoir à ce propos, car il aurait tant voulu que son peuple d’origine accueille l’Évangile du Christ.

Paul avait été un juif fervent, qui s’était totalement investi dans l’étude des traditions de la Bible, à l’école des pharisiens (voir Galates 1-2). Or, il avait compris soudain que Jésus venait accomplir les Écritures et qu’il était le Messie attendu. La conséquence logique qu’il fallait en tirer, c’était la conversion, celle que Jésus n’avait cessé de prêcher et que les apôtres ont proclamée avec insistance dès la Pentecôte (1re lecture, 4e dimanche de Pâques). Voilà pourquoi Paul a commencé toutes ses missions dans les synagogues, pour amener ses frères de race à reconnaître le salut en Jésus Christ. Telle était l’espérance de la première génération chrétienne, avec Marie et les Apôtres : puisque “Dieu relevait Israël et délivrait son Peuple” (Luc 1,54-55; 2,68-70) en lui envoyant son Fils Jésus, tout le Peuple aurait dû se convertir avec ses chefs et ses institutions. Paul exprime ici avec amertume sa grande déception devant le refus de croire, opposé par ses frères de race, mais il garde espoir.

Nous te rendons grâce, Père des hommes. Tu avais longuement préparé la venue de ton Fils, en adoptant un peuple. Par lui tu as donné aux hommes ta Loi de vie, manifesté tes promesses et enseigné à te prier. Béni sois-tu. Avec l’apôtre Paul, nous te prions pour ton premier peuple, dans lequel ton Fils a pris visage d’homme, et pour tous les peuples de la terre.

Evangile : Mt 14, 22-33

Lorsque la vie nous secoue par toutes sortes de tempêtes, cela peut-il intéresser Dieu ? Oui, Jésus l’a montré en venant au secours de l’humanité, qui s’enfonçait dans les flots du mal et de la mort.

Cet évangile est comme une parabole en action. La barque en pleine mer, menacée par la tempête, peut représenter le Peuple d’Israël, dans la traversée de la Mer rouge, sous la conduite de Moïse, fuyant sous la terrible menace des poursuivants. Elle peut encore représenter le parcours de l’Église au cours des siècles et en notre temps, mais aussi les difficultés de nos communautés et de nos familles, voire nos situations personnelles. La mer représente le séjour des forces de mort, depuis le déluge qui avait noyé la terre et ses habitants, jusqu’à la Mer rouge, qui avait noyé l’armée de Pharaon.

Cette marche de Jésus sur les eaux annonce à la fois sa résurrection (l’allusion au fantôme, Luc 24,37-39) et la chute de Simon-Pierre, qui s’est enfoncé dans les eaux du reniement, mais que Jésus a relevé par le pardon (Jean 21,7-17). Cette maîtrise des éléments déchaînés se place dans la suite des actions par lesquelles Jésus édifie son Église.

 

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