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Commentaire des lectures du 15è dimanche ordinaire

Avec l’évangile de ce dimanche s’ouvre le “discours en paraboles” que Matthieu regroupe en son chapitre 13. Nous entendons aujourd’hui la première des sept paraboles du Royaume, et son explication: la parabole du semeur.

Jésus utilisait un langage concret. Son enseignement est nourri d’observations et d’expérience : le fils du charpentier de Nazareth n’a-t-il pas été aussi agriculteur comme l’étaient nos artisans de village il n’y a pas si longtemps ? Aujourd’hui, Jésus userait sans doute d’un autre langage… Néanmoins, cette parabole du semeur n’a pas vieilli et reste accessible même aux enfants qui font lever du blé dans une soucoupe sur le bord de la fenêtre !

Des semailles à folle profusion !

Le semeur de l’évangile nous paraît sûrement négligent ou peu regardant sur l’utilisation de la semence. Il est vrai que le geste du semeur ne permet sans doute pas de contrôler parfaitement la chute des graines. Mais là, à nos yeux, il exagère! Il sème n’importe où; plus exactement, il sème partout. On dirait, qui plus est, qu’il le fait délibérément !
Si, dans l’interprétation de cette parabole, les grains de blé sont la “Parole de Dieu” et le semeur Dieu lui-même, Jésus nous laisse entendre que Dieu ne réserve pas son dessein de salut à ceux qui vont l’accueillir et y correspondre à coup sûr et immédiatement. Il fait preuve d’une incroyable espérance, celle d’un amour qui “ne calcule pas la dépense”. Il veut que tous aient accès à la Vie en Christ. Personne n’est exclu ! Là où nous pensons peut-être “semence perdue”, Dieu voit “chance donnée” à tous.

Une mission sans frontières

Semer la Parole à la manière de Dieu est une tâche impérieuse pour l’Église. “Proposer la foi” aux hommes d’aujourd’hui implique que les «semeurs» ne choisissent pas à priori la terre facile, et qu’ils ne recherchent pas le succès immédiat. Une Église authentiquement missionnaire se porte vers les terres dures et ingrates qui ont tant besoin d’entendre le Message.
L’enjeu de ces semailles d’Évangile, “c’est l’homme !” d’aujourd’hui avec son imperméabilité à la Parole, l’encombrement de sa vie en accéléré, son manque de racines, mais aussi ses attentes.
Avons-nous personnellement cette hantise de répandre la Bonne Nouvelle sans compter, quel que soit le “terrain” ? Il nous arrive de préférer nous adresser aux convaincus et de ne rien proposer justement à ceux qui sont loin. Certes, la “bonne terre” attend aussi la semence divine et il n’est pas interdit de se réjouir de la voir se couvrir de moissons. Mais notre mission ne s’arrête pas là. Il est temps de “sortir” pour semer !

1ere lecture : Is 55, 10-11

Avant la venue de Jésus, Dieu ne se manifestait que par sa parole, confiée aux prophètes. Mais c’est une parole puissante et efficace, dans la création du monde et dans la conduite de son peuple.

Les mots ont une force. Il y a des mots blessants et on peut même tuer par des paroles injustes et assassines. À l’inverse, par la parole, on peut encourager, relever, aider, construire. Le prophète nous révèle à quoi Dieu utilise sa Parole : elle est comme une pluie bienfaisante qui féconde, fait germer et lever ; elle produit de bons fruits, elle est source de vie. Les comparaisons sont multiples, le prophète recourt à celle de la pluie fertilisante et Jésus, à celle de la semence, dans la parabole de ce dimanche.

2e lecture : Rm 8, 18-23

Dieu veut la vie, le bonheur et la réussite, non seulement pour l’humanité, mais pour toutes ses oeuvres. L’apôtre peut donc annoncer un salut pour toute la création.

L’homme de la Bible n’avait pas besoin d’inventer l’écologie, il la pratiquait spontanément. Il se considérait comme lié à tout l’univers (dont il ignorait cependant les dimensions infinies, puisqu’il n’avait ni  longue-vue ni télescope !). Voilà pourquoi saint Paul, en exposant comment Dieu sauve l’humanité de la mort et du mal, ajoute aussitôt que la création toute entière aura part à ce salut. Il pose d’abord la grave question des désordres de la nature : “la création a été livrée au néant”. Il répond que ce désordre a été provoqué par l’humanité et son péché. Pourtant il ignorait encore les ravages de la pollution moderne ! Il conclut par l’image de la gestation et de l’enfantement, dont l’Esprit Saint est l’acteur principal (comme il le fut en Marie) : par son souffle de vie, l’Esprit est à l’œuvre pour faire naître la terre nouvelle et les cieux nouveaux, mais d’abord dans le cœur des hommes.

Evangile : Mt 13,1-23

Jésus nous fait découvrir le Royaume de Dieu par un langage très particulier, les paraboles. Mais il a aussi le souci de les décoder. Il le manifeste pour la parabole du semeur.

La parabole du semeur met en évidence l’initiative de Dieu, qui entreprend de semer généreusement, partout, sans faire de distinction, jetant le grain même là où il ne produira rien (nos machines modernes évitent de tels gaspillages !). Quant à l’explication de la parabole, elle s’intéresse davantage aux terrains qui reçoivent le grain. La parabole présente Dieu comme semeur et l’explication, les hommes qui acceptent ou refusent la Parole de Dieu. Quand Jésus justifie l’emploi de paraboles, ce n’est pas qu’il veuille réserver son enseignement à une élite, il rejoint au contraire la plainte générale des prophètes sur le manque de foi du peuple tout entier et sur le refus de la conversion.

 

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