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Commentaire des lectures du 28 juin

Ceux qui ont séjourné en Afrique ont expérimenté avec émerveillement la délicatesse de l’hospitalité.

Avec une incroyable générosité, celui qui reçoit est capable de se priver pour l’hôte de passage. L’accueil traditionnel africain n’est-il pas à l’image de l’accueil biblique dont la première lecture nous présente un exemple caractéristique ?

Accueil de l’homme

Une femme aisée de Sunam (ville de la tribu d’Issachar, au nord d’Israël) se “met en quatre” pour recevoir dans sa maison le prophète Élisée. Elle l’invite d’abord à table. Puis elle met à sa disposition un local équipé et confortable. L’accueil est somptueux, en rapport sans doute avec la condition de cette femme et de son mari. Mais la quantité importe moins que la qualité. Dans l’Évangile, Jésus promet que celui qui donne un simple verre d’eau fraîche à un “petit” en sa qualité de disciple du Christ “ne perdra pas sa récompense”. En définitive, ce n’est pas ce qu’on donne qui qualifie l’accueil, mais comment et pourquoi on le donne. Accueillir est une aventure : elle suppose une part d’oubli de soi pour faire place à l’autre avec ses besoins, mais aussi ses richesses à partager.

Accueil de Dieu

La femme de Sunam recevait chez elle Élisée en sa qualité “d’homme de Dieu”. Elle l’hébergeait comme le Seigneur lui-même. Ainsi fit Abrahamà la chênaie de Mambré (Genèse 18, 1-8). “Qui vous accueille, m’accueille, et qui m’accueille, accueille Celui qui m’a envoyé”, dit Jésus. Sous les traits de tout disciple du Christ et de tout homme créé à l’image de Dieu, il s’agit d’identifier le Seigneur qui passe. Jésus ne s’est-il pas fait mendiant dans l’Évangile: “Donne-moi à boire!” (Jean 4, 7). “Les enfants, n’avez-vous pas un peu de poisson?” (Jean 21, 5).
La récompense est alors à la mesure de l’accueil consenti. La Sunamite en fait l’expérience. Elle avait donné à l’homme de Dieu ce qu’elle avait : sa nourriture et sa maison. En retour, elle reçoit comme don de Dieu ce qu’elle n’avait pas et qui lui manquait si cruellement : un enfant. Elle reçoit la vie en son corps qui avait soigné le corps du prophète comme si c’était le “Corps” de Dieu! “C’est une bonne mesure, tassée, secouée, débordante, qu’on vous versera, car la mesure dont vous vous servez servira aussi pour vous.” (Luc 6, 38). “La main du pauvre est la banque de Dieu” (saint Jean Chrysostome). L’Évangile est formel : donner n’est pas perdre. Donner de sa vie à cause du Christ et comme Lui, c’est recevoir la vie “débordante” en éternité.

1ère lecture : 2 R 4,8…16

En des temps où la médecine ne pouvait guère aider dans les situations désespérées, les prophètes venaient au secours des fidèles de Dieu.

Cet extrait a été choisi pour illustrer un des propos de l’évangile, à savoir l’accueil d’un prophète. Il met en évidence la récompense qu’un couple stérile avait reçue pour avoir accueilli le prophète Élisée. Les vies des deux prophètes, Élie et Élisée, sont illustrées de récits de miracles, en réponse aux misères et aux tourments d’une époque où les prophètes faisaient plus de miracles que la médecine.

Ces prophètes, en messagers de Dieu, ont apporté secours et aide. Jésus a agi de même, pour manifester la sollicitude de Dieu

2e lecture : Rm 6, 3-4.8-11

Le baptême devrait se faire par une plongée dans l’eau, car saint Paul le compare à la mise au tombeau et à la résurrection du Christ.

Cette page de saint Paul est une des catéchèses les plus éclairantes sur la signification du baptême chrétien. Avant que le Christ lui-même n’ait été baptisé, on n’attendait des baptêmes qu’une purification. Telle était la signification du baptême de Jean Baptiste au Jourdain. Mais Paul révèle la nouveauté du baptême chrétien et son lien avec la Pâque de Jésus. Le rite décrit est celui de l’immersion : le candidat était plongé dans une rivière, comme au Jourdain (ce fut sans doute le cas de l’Éthiopien, Actes 8,36), ou dans un bassin, comme les anciens baptistères (Aix, Fréjus, Poitiers, etc.).

Descendre dans l’eau et en remonter est une imitation de la déposition de Jésus au tombeau et de sa résurrection pour une vie nouvelle, c’est une assimilation à la mort et à la résurrection du Christ. Paul en tire les conséquences : le baptême fait mourir au péché, c’est-à-dire à tout ce qui nous détourne de Dieu, et renaître à la vie nouvelle, représentée par les rites du vêtement blanc et du cierge à la fin de la célébration baptismale.

Evangile : Mt 10, 37-42

Jésus est exigeant. Il nous demande de le préférer à tout. Mais il nous montre aussi vers quelle joie il nous conduit.

Parmi ces recommandations de Jésus, les unes sont adressées aux disciples, en tant qu’ils sont chargés d’annoncer l’Évangile, et les autres aux auditeurs qui accueillent le message.

Les lectures du dimanche précédent évoquaient les difficultés de la mission confiée aux disciples. Jésus les résume ici par la comparaison du chemin de croix, que lui-même a transformé en chemin de résurrection. Il donne ainsi confiance aux disciples qui s’y engagent. Or la qualité de disciple n’est pas réservée à quelques prophètes, comblés de charismes prestigieux, comme Élisée, car Jésus reconnaît aussi les petits comme ses disciples, auxquels il confie son Évangile. Ces “petits”, dans notre langage actuel, ce sont les “sans grade” de l’Église. Jésus rappelle ainsi qu’il nous engage tous à le faire connaître et à être ses témoins.

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