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Commentaire des lectures de Pentecôte 2020

Voici quelques pistes pour commenter les lectures de ce dimanche.

1. La première lecture et l’évangile de la messe du jour rendent compte, selon des perspectives différentes mais complémentaires, de l’événement fondateur de l’Église chrétienne, l’effusion du Saint-Esprit sur les apôtres. Ayant sobrement mentionné la peur qui paralysait les disciples au soir de Pâques, l’évangile de Jean souligne l’effet de surprise produit par la présence inopinée du Ressuscité. Par-delà sa passion et sa mort, celui-ci reprend l’initiative. Les paroles qu’il prononce - souhait de paix, envoi en mission - ouvrent un temps nouveau et communiquent aux disciples la sérénité joyeuse qui leur faisait défaut. Pour leur donner l’Esprit Saint, il souffle sur eux - geste créateur et recréateur par excellence. Une vie nouvelle s’empare de ces hommes terrorisés, qui les fait sortir de leur refuge en annonçant le pardon de Dieu.

2. On ne s’étonnera donc pas de voir Luc, dans les Actes des apôtres, faire état d’un violent coup de vent dont le bruit remplit toute la maison où se tenaient les disciples. Il aura fallu cette tempête pour secouer leurs esprits figés et délier leurs langues muettes. Une pluie de feu était nécessaire pour embraser leurs cœurs glacés par la peur. Seul l’Esprit de Dieu était capable de leur faire affronter le vent du large. L’énumération des douze provinces de l’empire symbolise la mission universelle confiée aux apôtres. Le prodige des langues revêt la même signification: des hommes venus de tous les pays connus entendent proclamer dans leurs propres idiomes les merveilles de Dieu.

3. Ne perdons pas de vue, pour autant, que les trois images qui sous-tendent le récit de la Pentecôte – le vent, le feu et les langues – peuvent aussi s’inverser. Au lieu de féconder et de mettre en mouvement, le vent peut dégénérer en ouragan meurtrier. Le feu, qui procure lumière et chaleur, peut devenir, s’il n’est pas maîtrisé, une terrible arme de destruction. Les langues, enfin, qui nous permettent de communiquer, de prier et de chanter, deviennent trop souvent des outils de mensonge et de manipulation. A ces dérives, le souffle de la Pentecôte oppose le pari d’une unité à construire, qui tire toute sa richesse des dons multiformes
du Créateur.

1re lecture: Ac 2,1-11

Les cinquante jours de la Pâque arrivent à leur terme, mais la Pentecôte n’est pas un aboutissement, c’est un nouveau départ, provoqué par l’irruption explosive de l’Esprit Saint.

La Pâque ancienne devait commémorer la sortie d’Égypte et le cinquantième jour célébrait le don de la Loi au Sinaï. Mais le Christ et les Apôtres ont donné le sens plénier à ces fêtes anciennes en manifestant combien la résurrection et le don de l’Esprit portent à leur accomplissement total les annonces d’autrefois. Désormais, la nouvelle Loi, ce n’est plus l’écriture de Dieu sur des tables de pierre, mais le don de son Esprit, qui avait déjà fait ses preuves dans la résurrection de Jésus. La Pentecôte chrétienne, c’est donc comme l’éclair et le tonnerre dans l’orage du Sinaï, pour le don de la Loi (Exode 19,16) : bruit venu du ciel, violent coup de vent sur la maison des disciples, feu qui se partage en langues. La fête avait rassemblé à Jérusalem une foule venue des communautés établies dans divers pays du bassin méditerranéen. C’était un public tout trouvé pour cette nouvelle révélation.

2e lecture: 1 Co 12,3-3

Vous êtes le corps du Christ !” Mais comment cela ? L’Apôtre nous l’explique en révélant comment ce corps est animé et comment ses membres sont articulés et coordonnés.

La comparaison et la réalité du corps et des membres tiennent une grande place dans l’enseignement et l’œuvre de Jésus et des apôtres, car elles offrent les expressions les plus fortes pour signifier la communion que Dieu établit avec son peuple. À la Cène, Jésus manifestait que le pain rompu, donné aux disciples, est son corps. Quant à l’apôtre, il nous invite à nous reconnaître membres de ce corps, le corps ecclésial du Christ. Le corps constitue une unité ; nos connaissances médicales nous l’enseignent. Nous sommes davantage sensibles aux effets de la circulation sanguine qui relie et donne vie à tous les membres. Les Anciens, qui n’en savaient pas tant, étaient plus sensibles au souffle, comme principe vital. Or souffle et Esprit, dans la langue des apôtres, c’était le même mot. Nous le comprenons d’autant mieux que nous connaissons l’apport du souffle à la circulation sanguine ! Nous sommes donc bien outillés pour assimiler les interprétations de l’apôtre.

Évangile: Jn 20,19-23

Les cinquante jours, c’est comme un seul jour, le jour de Pâques. Mais à nous, il nous faut ce temps de cinquante jours, pour découvrir la nouvelle présence de Jésus, comme ressuscité, à nos côtés

Le don du souffle consiste à ranimer un corps presque mort. Jésus ressuscité pratique ce geste qui sauve, en venant au secours de ses apôtres. Ceux-ci étaient dans un bien triste état, ils étaient morts de peur.
Ils avaient fait de leur refuge un tombeau, tout était fermé, comme avec une grosse pierre. Mais le Ressuscité fait irruption au milieu d’eux et leur insuffle l’Esprit de Dieu, qui est le souffle créateur, qui ressuscite et anime. L’effet est immédiat : les témoins du Ressuscité sortent de leur maison-tombeau et répandent à leur tour le souffle reçu, si puissant qu’il est venu jusqu’à nous, près de 2000 ans plus tard.

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