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Commentaire lectures du 3 mai 2020

4è dimanche de Pâques

Le Bon Pasteur se révèle être le bon “passeur”. Jésus le dit clairement, il faut passer par lui pour être sauvé. Ceci fonde toute la théologie de Jésus seul Sauveur, seul Médiateur pour le salut.

1. “Que devons-nous faire ?” C’est la question que posent, le cœur bouleversé, les auditeurs de Pierre après l’avoir entendu proclamer la bonne nouvelle de la résurrection de Jésus. Une telle réaction signifie que les gens ont été touchés par la parole de l’apôtre et qu’ils sont décidés à “bouger”. Mais que faire ? D’abord, se convertir, recevoir le baptême et le don du Saint- Esprit : c’est la régénération intérieure, source irremplaçable de tout changement de conduite. Car Pierre est convaincu que Dieu ne cesse d’appeler les hommes, y compris “ceux qui sont loin”. La promesse du salut n’est pas réservée à un cercle de privilégiés ; elle ouvre un avenir à l’humanité entière.

2. Promesse qui a commencé à se réaliser et que l’évangile de Jean compare à une porte. Celui qui entre par la porte de l’enclos, c’est le berger des brebis. Le berger ? A l’époque de Jésus, ce personnage est une sorte de marginal, inculte et méprisé. Pourtant, c’est à des bergers que les anges de Bethléem ont d’abord annoncé la naissance du Sauveur, et la Bible n’hésite pas à comparer le Dieu d’Israël à un berger. Pour Jésus, le bon pasteur est celui qui appelle chaque brebis par son nom et dont les brebis connaissent la voix ; il marche à leur tête, les nourrit et fait en sorte qu’elles “aient la vie en abondance”.

3. La figure du bon pasteur prend tout son relief quand on l’oppose, avec l’évangéliste, aux mauvais bergers que les brebis ne suivent pas. Ce sont des voleurs et des brigands qui ne passent pas par la porte de la bergerie. Les brebis les fuient parce qu’elles ne connaissent pas la voix de ces étrangers, qui ne viennent que pour voler et égorger. Pourquoi ce ton polémique? C’est que l’allégorie johannique vise vraisemblablement les mauvais bergers d’Israël et de l’Église naissante. Jésus reprend ici à son compte les diatribes d’un Jérémie, d’un Ézéchiel ou d’un Zacharie en stigmatisant en filigrane certains de ses contemporains.

4. Dans le comportement du vrai berger, il est intéressant de relever quelques traits qu’une lecture superficielle risque de négliger. Le berger des brebis fait sortir celles-ci ; si quelqu’un entre par lui, il pourra aller et venir et il trouvera de quoi se nourrir. Autant d’indications qui décrivent le “climat” qui devrait être celui de nos assemblées et de nos communautés : liberté de mouvement entre le dedans et le dehors, dynamisme missionnaire, refus de cataloguer les gens.

1re lecture Ac 2,14- 41

Que devons-nous faire?” Cette question que posent les auditeurs de Pierre à la Pentecôte était déjà celle de ceux qui venaient auprès du Baptiste au début de l’évangile de Luc. Rien d’étonnant, la foi chez Luc entraîne à agir.

On sait que Luc est très soucieux de guider les disciples de Jésus. Ceux qui suivent Jésus doivent savoir que la foi au Christ est exigeante ; elle entraîne à agir comme Jésus pour lutter contre les formes du mal et en faveur des démunis. Croire c’est faire, et faire comme Jésus.

Convertissez-vous et que chacun se fasse baptiser au nom de Jésus Christ.” Le baptême, l’immersion dans l’eau vive, n’est plus le signe de la conversion comme chez Jean le Baptiste. La conversion est première. Ensuite les convertis se font baptiser au nom de Jésus Christ. Ils s’immergent dans le Christ, dans sa mort et sa résurrection. Une signification toute nouvelle est donnée au geste de l’immersion.
Ils sont nombreux à se faire baptiser au nom du Christ le jour de la Pentecôte. Luc veut indiquer le succès de l’annonce de l’Évangile. Rien ne l’arrêtera désormais et elle parviendra à la fin des Actes à Rome, alors capitale du monde. Le peuple d’Israël n’est pas rejeté. Il est même le premier à venir au Christ :
“C’est pour vous que Dieu a fait cette promesse…”.

 

2e lecture : 1 P. 2,20-25

 

Les nouveaux chrétiens d’Asie Mineure ont besoin d’être encouragés. Pas facile de tenir bon. Il y a toujours le risque d’abandonner et de retourner à ses convictions anciennes.

L’apôtre en pasteur encourage et encourage encore. Il le fait en faisant mémoire de Jésus, de sa Passion : “Lui-même a souffert pour vous… couvert d’insultes, il n’insultait pas ; accablé de souffrance, il ne menaçait pas” et de sa mort : “Il a porté nos péchés sur le bois de la croix… c’est par ses blessures que vous avez été guéris”.

Pierre montre le lien très étroit qui unit les chrétiens à leur Seigneur. Jésus a souffert “afin que nous puissions mourir à nos péchés et vivre dans la justice”. C’est Jésus qui a permis à ces chrétiens de ne plus errer, mais de venir “vers le berger qui veille sur vous”.

Tenir bon parce que Jésus guérit, parce que Jésus fait vivre. Tenir bon comme Jésus a tenu bon “en confiant sa cause à Celui qui juge avec justice”.

 

Evangile : Jn 10, 1-10

 

Le raisonnement de Jean est étonnant. Jésus parle tout d’abord du pasteur qui passe par la porte de la bergerie pour s’identifier ensuite et au pasteur et à la porte ! Ces différentes images lui permettent de présenter Jésus et sa mission.

Une énigme impersonnelle ouvre le discours de Jésus aux Pharisiens. Le pasteur est celui qui passe par la porte de l’enclos. Les autres sont le “voleur” et le “bandit”. Le texte ne dit pas à qui Jésus fait ici allusion. Les chrétiens, destinataires de l’Évangile de Jean, pouvaient penser aux adversaires de leurs communautés.

En revanche le pasteur sera par la suite clairement identifié. Jésus est le vrai pasteur. Sa mission est de “faire sortir” les brebis de l’enclos. On pense ici à Moïse qui a “fait sortir” le peuple de l’esclavage d’Égypte. Jésus est le Nouveau Moïse qui vient libérer le peuple de Dieu.

Jésus s’identifie à la porte, non plus de l’enclos, mais des brebis. On peut comprendre qu’avec Jésus, il n’y a plus d’enclos. Il ne reste qu’une porte qui leur permet de trouver la vie, comme le suggère l’image du pâturage.

Les chrétiens comprennent : Jésus est pour tous la porte, le passage unique et obligé qui fait accéder au monde neuf de Dieu. Premier-né d’entre les morts, Jésus, et lui seul, fait passer dans la vie même de Dieu. Lui seul peut dire: “Je suis la Résurrection et la Vie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt vivra” (Jean 11,25).

L’“abondance” de la vie donnée par Jésus aux “hommes”, c’est-à-dire à tous, évoquent les temps d’abondance, c’est-à-dire les temps du Messie. Avec Jésus les temps du Messie sont là.

Dans l’Orient ancien, les chefs des peuples se faisaient aussi appeler “pasteur”. En Israël, ce titre sera donnée au roi selon le coeur de Dieu qui doit venir, autrement dit au Messie. Jésus est ce roi, ce Messie, mais son trône sera la croix.

 

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