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Commentaire des lectures du 26 avril

La fraction du pain. Tout à la fin de cette page d’évangile, Luc donne un détail intéressant : si les deux disciples ont reconnu le Seigneur, c’est lorsqu’il a rompu le pain. Ce n’est pas le pain lui-même qui est signifiant, mais le geste de la fraction.

1. Riche de son expérience du tombeau vide et de sa rencontre du Ressuscité, Pierre témoigne publiquement de sa foi pascale à Jérusalem, le jour de la Pentecôte. S’adressant à des juifs, il s’emploie à montrer que la mort et la résurrection de Jésus accomplissent les annonces messianiques. A l’appui de cette interprétation, il cite le psaume 16, qui célèbre le bonheur du croyant. Le psalmiste a le ferme espoir que Dieu ne l’abandonnera pas au séjour des morts et ne le laissera pas connaître la corruption. Ce n’est certes pas la résurrection au sens chrétien du terme, mais il y a là une voie d’approche adaptée à un auditoire sémite.

2. Dans l’épisode des disciples d’Emmaüs, le thème de l’accomplissement des Écritures occupe une place pareillement centrale. Le récit présente d’abord la version des événements que les deux pèlerins exposent à l’inconnu rencontré sur la route. C’est leur manière de comprendre les faits qui viennent de se dérouler à Jérusalem, leur rêve messianique, le souvenir égocentrique qu’ils ont gardé, eux, de ce “prophète puissant par ses actes et ses paroles”. Mais voici que l’inconnu prend la parole, et tout le récit bascule. A la lecture subjective et désenchantée de ses deux compagnons, le Ressuscité substitue sa manière de voir, son intelligence du dessein de Dieu le concernant.

3. Or cette vision n’est autre que celle de la Bible. “Comme votre cœur, dit l’inconnu, est lent à croire tout ce qu’ont dit les prophètes ! Ne fallait-il pas que le Messie souffrît tout cela pour entrer dans sa gloire ?”
Et l’évangéliste de noter : “Commençant par Moïse et par tous les prophètes, il leur expliqua dans toute l’Écriture ce qui le concernait”. Par là, Luc confère à l’argument scripturaire l’autorité de Jésus lui-même, ce qui est une manière d’étendre l’audience de ce type d’affirmation au delà des milieux issus du judaïsme. Selon la suite du récit, c’est la fraction du pain qui dévoile aux disciples l’identité de l’inconnu. Mais ce geste hautement significatif ne doit pas faire oublier l’importance de la catéchèse biblique qui l’a précédé.

1e lecture : Ac 2, 14-33

Le jour de la Pentecôte on faisait mémoire du don de la Loi au Sinaï. À la Pentecôte chrétienne on célèbre le don de l’Esprit Saint que le Ressuscité “a répandu sur nous”.

Pierre est un porte-parole autorisé puisqu’il a été choisi par Jésus. Et ici il parle à ses compatriotes au nom des “autres apôtres”. Luc met sur les lèvres de Pierre un condensé de la foi chrétienne, le “cri de foi” ou “kérygme” de l’Église primitive : “Jésus de Nazareth, livré selon le plan et la volonté de Dieu, vous l’avez fait mourir… Or Dieu l’a ressuscité… Nous tous nous en sommes témoins”.

Quand les apôtres commencent leur mission d’annoncer l’Évangile du Christ, le jour de la Pentecôte, les premières paroles de Pierre s’adressent “aux habitants de la Judée” et à ceux qui séjournent “à Jérusalem”, autrement dit aux Juifs. Dieu a fait une promesse à un peuple précis, son peuple. Il était donc normal que ce peuple reçoive en premier l’Évangile. Les premiers chrétiens sont extrêmement soucieux de montrer que la Résurrection est en parfaite cohérence avec les Écritures. Le salut vient des Juifs et les chrétiens ne doivent pas l’oublier.

2e lecture : 1 P 1, 17-21

Les destinataires de la lettre de Pierre ont besoin d’être confortés dans leur foi nouvelle. Les affirmations de l’apôtre n’ont plus rien d’étonnant pour des chrétiens de longue date. Il faut penser qu’elles devaient être étonnantes pour des communautés neuves.

Au milieu des divinités multiples des diverses populations d’Asie mineure, ce devait être bouleversant de découvrir qu’il n’y a qu’un seul Dieu, que l’on peut appeler Père et qui ne fait pas de différence entre les hommes. Ce Dieu refuse toute flatterie et juge chacun selon ses actes.

Les nouveaux chrétiens d’Asie mineure sont initiés à l’Ancien Testament. “Craindre Dieu”, dans la Bible, c’est le reconnaître comme quelqu’un qu’on ne met pas à son service mais que l’on sert. C’est craindre d’en faire une idole. L’image de l’agneau de la tradition juive est appliqué à Jésus. C’est l’agneau de Pâques sans tache qui évoque la sortie d’Égypte. C’est aussi l’agneau qui prend la tête du troupeau pour le sauver.

Une fois encore l’apôtre insiste sur la place centrale du Christ. C’est “par lui” qu’on peut croire en Dieu; c’est par lui qu’on peut espérer en Dieu.

Evangile : Lc 24, 13-35

Les yeux des disciples d’Emmaüs s’ouvrent au moment même où Jésus disparaît de leur regard. Ils voient clair au moment où ils ne voient plus le Ressuscité. C’est bien l’enseignement que veut faire passer l’évangéliste.

Ce n’est pas avec les yeux que l’on découvre le Ressuscité, mais en méditant les Écritures et en partageant le pain. Avant que les disciples d’Emmaüs comprennent ce qui s’est passé à Pâques, il faut que leur compagnon de route leur explique les Écritures et qu’il fasse le geste de la Cène (“Il prit du pain, dit la bénédiction, le rompit et le leur donna.”)

Les chrétiens eux aussi savent qu’il ne servirait à rien de “voir” de leurs yeux le Ressuscité. En revanche ils écoutent les Écritures et rompent le pain pour pouvoir reconnaître la présence invisible du Ressuscité. C’est à la table des Écritures et à celle de l’Eucharistie que l’on communie au Seigneur ressuscité.

On trouve déjà dans le récit des disciples d’Emmaüs les grands axes de la foi que Luc redira dans les discours de Pierre et de Paul dans le livre des Actes : selon les Écritures, Jésus de Nazareth a été rejeté et crucifié. Mais il est entré dans sa gloire ; il est ressuscité.

Le feu dans la Bible accompagne les manifestations divines du Sinaï. Les disciples reconnaissent : “Notre cœur n’était-il pas brûlant en nous tandis qu’il nous faisait comprendre les Écritures ?” Par eux-mêmes les disciples sont bien incapables de réaliser ce qui s’est passé. Il faut une intervention divine qui est suggérée ici par l’image du feu qui brûle leur cœur.

Luc aime à redire que des femmes ont été les premières à avoir reçu, de la part de Dieu, la nouvelle : “Il est vivant”.

 

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